Le Roi Capa

Olga  Chagodayev
Capablanca et son épouse Olga Chagodayev

Olga, sa veuve, relate sa première rencontre. En 1934, traînée par sa sœur, elle se rend à une réception à l’Ambassade cubaine de New York. Une fois là, elle demande ingénument, dévisageant les invités :
Où est Capablanca ? La réponse ne pouvait être plus explicite :
Ne te préoccupe pas. Quand il entrera dans le salon, tu le reconnaîtras immédiatement.
Olga précisait encore : « Ce n’est pas que Capa se comportait comme un roi, c’était un roi ! »

À New York, à la fin du printemps 1934, au cours d’une fête improvisée donnée par son ami Myrtle H., Capablanca rencontre Olga  Chagodayev  (née Choubaroff), une  princesse  russe.  Olga raconte  :  « Tout le monde se leva pour danser, sauf un homme que j’avais vaguement remarqué. Il se rapproche et tranquillement, mais nettement, il me dit :
Un jour, vous et moi serons mariés !
À la fin de la soirée, Olga s’apprête à partir. L’homme s’approche et demande :
Je vous en prie ! Pourriez-vous me donner votre numéro de téléphone et permettez-moi de vous appeler. Mon nom est Capablanca.

Le lendemain matin, le téléphone sonne. C’est Capablanca :
J’espère que vous vous souvenez. Vous devez dîner avec moi ce soir.
Que j’en ai envie ou non n’avait pas d’importance. Il dit fermement qu’il serait là à six heures. À six heures précises, il est devant ma porte. Capablanca se tenait près de sa voiture. Quand il ôta son chapeau, je fus surpris de voir comment il était beau. À partir de ce moment-là, il m’appela tous les jours, et si je ne pouvais pas l’accueillir à cause de certains autres engagements, il était terriblement malheureux. Parfois, il passait là une partie de la nuit sur le banc en face de mes fenêtres sur Central Park en attendant mon retour. Si je lui disais quelques mots peu aimables, comme cela est arrivé à quelques reprises, les larmes qui mouillaient ses yeux me laissaient misérablement coupable ».

Olga  Chagodayev      Olga  Chagodayev
Une lettre de Capa amoureux à sa magnifique princesse russe.

Ineptie

George Bernard Shaw

Les Échecs sont un expédient inepte pour faire croire aux gens oisifs qu’ils font quelque chose de très intelligent, quand ils ne font que perdre leur temps.

George Bernard Shaw, The Irrational Knot

[Chess is a foolish expedient for making idle people believe they are doing something very clever, when they are only wasting their time.]