Sacrifice de Tour

Marshall

 L’américain Frank James Marshall (1877 – 1944) fut l’un des plus forts joueurs de la première moitiée du XXe siècle. Il était connu pour sa grande force tactique et également réputé pour ses arnaques, renversant une position perdue en tendant un piège ou en jouant un coup inattendu. Marshall définissait son style de jeu ainsi : « Je crois que je joue comme Jack Dempsey (le boxeur). Dès que le gong du premier round sonne, Dempsey commence à frapper son adversaire et ne le laisse pas reprendre conscience ».

Durant le Tournoi d’Amsterdam de 1911, il affrontait Johannes Esser. Au 37e coup, Marshall allume un de ses légendaires cigares (aussi légendaires que ses cravates) et maladroitement fait tomber une tour. Un spectateur passionné la ramasse rapidement et la tend au Grand Maitre afin qu’il la repose sur l’échiquier. Mais Marshall l’arrête d’un geste de la main et grand seigneur dit :
 — Aucune importance, je n’ai pas besoin de ma Tour !
Sans doute un des sacrifices les plus curieux de l’histoire des Échecs.

marshall

Avec ses trois pions passés terrifiants, Marshall ne prenait sans doute pas un grand risque, mais l’anecdote de manque pas d’un panache que l’on aimerait retrouvé chez nos joueurs modernes !

Théâtre échiquéen

Arrabal

Les Échecs et le théâtre mènent souvent à la folie.

Fernando Arrabal, dramaturge et cinéaste espagnol

Fernando Arrabal, poète imprévisible, indescriptible et magnifique, découvre tardivement  à 21 ans les Échecs, hospitalisé dans un sanatorium. Mais cette passion l’accompagne toute sa vie, intégrant le thème échiquéen dans plusieurs de ses œuvres. Il dira encore : « Aux Échecs, le plus important ne sont ni le roi, ni la reine, mais les pions, l’homme ».