David Oistrakh et Prokoviev

David Oistrakh Prokoviev
David Oistrakh jouant avec Serge Prokoviev à Moscow, observée par Liza Hilels, violoniste également, mai1943.

De retour en Russie, en 1936, Prokoviev trouva en David Oistrakh, le violoniste, un parfait partenaire de jeu. « Prokoviev était un joueur avide, raconte-t-il, capable de passer des heures de réflexion sur un coup. Nous étions voisins et nous blitzions souvent. J’aimerais que vous eussiez pu voir son excitation quand il dessinait toute sorte de diagrammes colorés de ses gains et de ses pertes, combien il était heureux après chaque victoire et combien il pouvait être dévasté après chaque défaite ».

Le deuxième mouvement Scherzo, Vivacissimo du Concerto pour violon N° 1 en ré majeur, Op. 19 de Serge Prokoviev, interprété par David Oistrakh :

L’échiquier géant de Max Ernst

échiquier géant Max Ernst

En 1966, Max Ernst réalise un projet dément qu’il baptisera Immortel : un jeu d’Échecs de 5 mètres de côté, en verre de Murano. Décrit par le poète André Verdet comme un chef-d’œuvre de la magie ensorcelante, digne d’un palais maya ou de la résidence d’un Pharaon. Pendant un an, 10 artisans travaillent sans relâche, sous la direction du maître verrier Egidio Constantini et fabriquent 32 pièces de plusieurs dizaines de kilos. Cette folie exigea aussi la fabrication de cannes géantes pour soutenir les masses en fusion et de gabarits de métal qui maintenaient les formes.

Briser les contradictions

Jerome MaufrasTout le défi des Échecs est là :
briser les contradictions
qui les rendent victimes de la fascination qu’ils exercent.
Leur conserver cette dimension ludique et symbolique
— c’est-à-dire leur singularité — tout en les rendant au monde.
C’est à ce prix que les Échecs peuvent devenir le jeu du XXIe siècle.

Jérôme Maufras