L’échiquier : une sculpture vivante

Max Ernst
Max Ernst , jeux d’Échecs en bois, 1946. Dimension du roi : 11,4 x 5,4 cm.

Max ErnstMax Ernst, (1891 – 1976), peintre et sculpteur allemand, artiste majeur du dadaïsme et du surréaliste fut toujours fasciné par les jeux d’Échecs. Grand joueur, il partageait sa passion avec son épouse Dorothea Tanning et son ami Marcel Duchamp. Mais, au-delà de l’intelligence du jeu, cette fascination s’étendait plus encore à la symbolique magique de chaque pièce et aux jeux graphiques résultant de leurs déplacements. Il voit, dans une partie d’Échecs, une sculpture vivante où les formes de chaque pièce se confrontent dans une danse métaphysique.

Ainsi, avant même qu’il ne se passionne pour la sculpture, ses premières réalisations en volume, en 1929, furent des maquettes de style surréaliste, de pièces d’échiquier dont certaines furent reproduites en bronze. C’est, en 1944, que ses recherches sur la symbolique des pièces de jeu prennent une dimension nouvelle avec une perfection extrême. Chaque pièce est sujette à des dizaines d’études en terre. Enfin, il finalise ses recherches par la création d’un jeu complet d’une qualité remarquable, réalisé en bois.

Soir d’orage

Magritte publicité
René Magritte, Soir d’orage – Un étrange parfum pour homme, gouache sur papier (25 x 34 cm), 1946.

Dès 1927, Magritte dessina des affiches publicitaires pour des chocolats ou des vêtements de luxe. Une activité alimentaire (ce qu’il appelait ses travaux imbéciles) qu’il poursuivit sporadiquement jusqu’en 1965.

Théorie d’Einstein

Mikhail Tal Bobby Fischer
Bobby Fischer et Michail Tal aux Olympiades de Leipzig en 1960.

Il est difficile de jouer contre la théorie d’Einstein !

Mikhail Tal lors de sa première défaite contre Fischer.

En 1992, Tal parle de Fischer : « Il est difficile de voir en tout joueur d’Échecs célèbre, un homme parfaitement logique et rationnel, bien qu’il y ait des différences entre nous. Quand je suis tombé malade à Curaçao, il m’a rendu visite à l’hôpital. Nous nous sommes taquinés, bien sûr. C’était un type intéressant. Mais il y avait quelque chose qui rendait Fischer difficile à comprendre — son sens de l’humour particulier.

Bobby-Fischer-Tal
Quand Mikhail tomba malade, Fischer fut le seul joueur à lui rendre visite à l’hôpital,
un geste qui toucha profondément Tal, donnant lieu à cette photo emblématique.

Aux Jeux Olympiques de Varna en 1962, après une ronde, nous quittâmes la salle ensemble. À cette époque l’on disait qu’il demandait de l’argent pour chaque autographe, alors vous imaginez les interviews ! Je dis à Fischer :
L’éditeur d’un magazine d’Échecs m’a demandé de t’interviewer. Ce n’était pas un mensonge total , cet éditeur, c’était moi ! Bobby accepta volontiers et nous nous promenâmes le long de la plage. Ma première question fut :
Qui est, à ton avis, le plus fort joueur d’Échecs ? Il me fixa, perplexe. J’ai corrigé immédiatement :
À part toi, bien sûr ! De nouveau, il me jeta un coup d’œil et répondit :
Eh bien, tu es un assez bon joueur, toi aussi. J’ai compris que cette entrevue ne pourrait être publiée, mais j’ai continué, juste pour moi-même. J’appris ainsi qu’il n’avait jamais bu de champagne, ni français, ni russe, mais pour une étrange raison, il préférait le français. À notre arrivée à l’hôtel, je lui demandai :
Tu auras bientôt dix-neuf ans, as-tu pensé au mariage ? Il me regarda avec candeur.
Je réfléchis sur la question. Je ne sais pas trop quoi faire. Est-ce que je m’achète une voiture d’occasion ou je prends une femme ? J’ai douté quelques instants de la qualité de mon anglais et lui reposai la question et Bobby confirma.
Je me marierai, mais pas avec une Américaine, elles passent tout leur temps chez le coiffeur. Mais une fille de Taiwan ou de Hong Kong, j’aime l’exotisme. Une voiture d’occasion coûte 700 $, le prix pour faire venir une fille d’Asie et si cela ne va pas, il est facile de la renvoyer à la maison !

Comment pouvais-je publier des trucs comme ça ? Et de nombreux journaux publiaient sur lui de telles choses. Je comprenais l’amertume de Bobby envers la presse. Il avait toutes les raisons pour cela. »

La théorie d’Einstein :