Lewis Carroll

Lewis Carroll
Les sœurs Fanny, Maria, Joanna et Anne, filles du révérend John W. Smith, jouant aux Échecs dans le jardin du presbytère de Dinsdale, Yorkshire.

La photographie fut prise au cours de l’été 1859 par Lewis Carroll. Le doux chat endormi sur la chaise serait-il le mystérieux chat du  Cheshire qui disparaît en laissant que son sourire ? Huit ans plus tard, Carroll rédige en 1867 À travers le miroir, conçu comme une suite d’Alice au pays des merveilles. Après avoir tenté d’enseigner les Échecs à son petit chat, Alice décide de passer de l’autre côté du miroir.

ts« Pendant quelques minutes Alice demeura sans mot dire, à promener dans toutes les directions son regard sur la contrée qui s’étendait devant elle et qui était vraiment une fort étrange contrée. Un grand nombre de petits ruisseaux la parcouraient d’un bout à l’autre, et le terrain compris entre les dits ruisseaux était divisé en carrés par un nombre impressionnant de petites haies vertes perpendiculaires aux ruisseaux ».

« Je vous assure que l’on dirait les cases d’un vaste échiquier ! finit par s’écrier Alice. Il devrait y avoir des pièces en train de se déplacer quelque part là-dessus – et effectivement il y en a ! ajouta-t-elle, ravie, tandis que son cœur se mettait à battre plus vite. C’est une grande partie d’échecs qui est en train de se jouer – à l’échelle du monde entier – si cela est vraiment le monde, voyez-vous bien. Oh ! que c’est amusant ! Comme je voudrais être une de ces pièces-là ! Cela me serait égal d’être un simple Pion, pourvu que je pusse prendre part au jeu… mais, évidemment, j’aimerais mieux encore être une Reine. »

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir, 1871 (traduction de Henri Parisot, Aubier-Flammarion, 1971).

Le GMI Vladimir Poutine

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Peu de jeu sont aussi présents dans les représentations collectives et dans l’imaginaire que les Échecs. « Il existe, pour les néophytes, écrit Jacques Bernard dans sa Socio-anthropologie des joueurs d’Échecs, une forte identification entre la maîtrise des Échecs et l’intelligence, les capacités d’analyse et de mémoire prêtées aux joueurs ». Les comparaisons entre les Échecs et les stratégies politiques sont innombrables « suggérant la distinction, la rigueur ou encore la supériorité intellectuelle, poursuit Jacques Bernard. Pourquoi l’image du jeu d’Échecs possède-elle cette singulière force d’évocation, alors même que la connaissance réelle du jeu n’est partagée que par un tout petit nombre d’individus ? »

Quoi qui l’en soit, les métaphores du jeu son fréquentes dans de nombreux secteurs de la vie politique à l’image des coups joués sur l’échiquier de la diplomatie internationale. À en croire les journalistes, Vladimir Poutine serait un grand maître de l’échiquier, tout comme son célèbre opposant, Garry Kasparov. Voici quelques extraits de presse et caricatures illustrant cette métaphore :

« Le poker est un jeu américain, autant que les échecs sont un sport russe. Mais, aujourd’hui, le champion mondial de poker est un Russe, tandis que le maître international des échecs est un Américain. Les dirigeants des deux premières puissances militaires mondiales ne jouent pas le même jeu, ni selon les mêmes règles, et c’est ce qui rend si difficile la lecture de ce qui se passe en ce moment en Syrie, mais aussi à l’échelle mondiale ». Le Monde

« En géostratégie comme dans les jeux, Vladimir Poutine est un adversaire redoutable. Le maître du Kremlin a ainsi remporté une très délicate partie d’échecs avec son chef de cabinet. Vladimir Poutine a ainsi utilisé une technique dont il a le secret, réussir à convaincre son adversaire que les pions sur l’échiquier n’étaient pas contrôlés par lui ». Le Gorafi

« Pendant que Poutine joue aux Échecs, Hollande joue à la belote ». Le Figaro

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Confort bourgeois

Confort bourgeois
Hotel de France à Beauvais, 1910.

Cette carte postale publicitaire de 1910 vante les qualités d’accueil de l’Hotel de France de Beauvais et nous présente deux braves hommes, à la trogne rubiconde, qui, après sans doute un repas bien arrosé, jouent une partie paisible au coin du feu, se peaufinant la béatitude à la Marie Brizard. Tout ici respire le calme et le confort bourgeois. On est loin de l’image élitiste qu’a pris (malheureusement) notre jeu aujourd’hui dans la publicité.