La Main de Dieu

Nous sommes les pions de la mystérieuse partie d’Échecs jouée par Dieu. Il nous déplace, nous arrête, nous pousse encore, puis nous lance un à un dans la boîte du Néant.

Omar Kheyam, poète persan du Moyen-Age

… et Jorge Luis Borges ajoute :

Le joueur lui aussi est prisonnier
(Omar l’a dit) d’un tout autre échiquier
où blancs sont les jours et noires les nuits.

Dieu pousse le joueur et lui, la pièce.
Quel dieu derrière Dieu, tisse la trame :
poussière et temps et songe et agonies ?

Ce petit film d’animation reprend avec plus de légèreté et d’humour cette métaphore échiquéenne quelque peu sombre de la vie. Soyons plus optimistes, parfois la partie se termine bien !

Soldat jouant aux Échecs

Jean Metzinger
Jean Metzinger – Soldat jouant aux Échecs, 1916, un portrait cubiste magistral.

Jean MetzingerJean Dominique Antony Metzinger (1883-1956) est un peintre, théoricien, écrivain, critique d’art et poète français. Mobilisé en 1915 comme aide infirmier dans la Marne pendant la Première Guerre mondiale et rapidement blessé, il continua à peindre malgré les conditions précaires. Plutôt que de décrire les horreurs des tranchées, Metzinger choisit de représenter un poilu, peut-être un auto-portrait, assis devant un échiquier, fumant une cigarette. « Le sujet militaire de ce portrait soulève une question particulièrement débattue à l’époque, écrit-on sur le site du Musée de Lodève qui souhaite acquérir cette œuvre, comment représenter la guerre moderne ? Aucune des peintures de Metzinger à cette époque ne révèle les horreurs de la guerre, il utilise au contraire son art pour donner un certain ordre au monde qui l’entoure. La guerre est toutefois bien présente dans cette œuvre par la métaphore du jeu d’Échecs et par l’anonymat du personnage uniquement identifié par le numéro de son uniforme militaire ».

Le Dernier des Géants

Les avis diffèrent sur la qualité du jeu de John Wayne. Pour certains, John était très bon, capable de battre des joueurs expérimentés comme le réalisateur Josef von Sternberg qui devenait « livide » quand il perdait contre le Duke. Mais si notre géant de l’Ouest était si fort, pourquoi trichait-il, rapporte Robert Mitchum. Wayne avait des mains énormes qui lui permettaient de faire glisser avec adresse une pièce sur une autre case quand il jouait un nouveau coup. Quand Mitchum trouva le courage de lui dire qu’il trichait, Wayne répondit : « Je me demandais quand tu allais dire quelque chose. Replaçons les pièces et faisons une nouvelle partie ». Aucune de ses parties ne fut conservée pour nous permettre de juger.

Le voici encore devant l’échiquier dans son dernier film, Le Dernier des géants de 1976 de Don Siegel au titre prémonitoire marquant la fin de sa carrière, relatant les derniers jours d’un célèbre tireur, légende de l’Ouest, venant d’apprendre qu’il va mourir d’un cancer (ce que vivait notre Duke dans sa propre vie) et qui choisit sa propre mort. John Wayne s’éteint en 1979 des suites de ce cancer. De sa pléthorique filmographie, on retient surtout ses collaborations avec John Ford, Raoul Walsh et Howard Hawks qui lui offrirent ses meilleurs rôles.

De dos dans Le Fils du désert (Three Godfathers) réalisé par John Ford.

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