G-Star

G-StarG-Star
Quatre ans après leur première collaboration, Magnus Carlsen resigne en 2014 avec la marque de vêtement G-Star Raw. Le champion du monde, âgé de 23 ans, incarne la collection Printemps-Eté 2014 de la marque aux côtés de l’actrice et mannequin britannique Lily Cole, dans un clip déstructuré, mettant en avant leurs visages si singuliers. Carlsen et Lily Cole mènent une partie d’Échecs surréaliste « qui met à la fois la force et la stratégie à l’épreuve » écrit l’entreprise dans un communiqué de presse. Carlsen reçut beaucoup d’éloges (et beaucoup d’argent ?!) pour promouvoir les Échecs d’une manière moderne et jeune. Mais il est resté « un type assez normal », affirme Nigel Short et ce, malgré le million de dollars qu’il gagne par an. Nous voilà rassurés !

Rustre et Gentleman

Steinitz           Blackburne
Wilhelm Steinitz et son irascible adversaire Joseph Henry Blackburne.

Wilhelm Steinitz avait, dit-on, la mauvaise habitude de cracher durant les parties autant pour gêner que déconcentrer ses adversaires, allant parfois jusqu’à cracher contre son adversaire. Durant le Tournoi de Paris de 1867, Joseph Henry Blackburne, gentleman très british, ne put supporter un tel affront et se fit justice en balançant le gros Steinitz par une fenêtre. Fort heureusement pour le fondateur des Échecs modernes, la salle de jeu était au premier étage et le rustre se sortit indemne de l’aventure.

Steinitz Blackburne

Réponse indignée du bon vieux Steinitz à Leopold Hoffer de l’International Chess Magazine : « Permettez-moi de vous dire que vous mentez délibérément, avec votre accoutumée insolence mensongère. Voici ma version : depuis des années, Blackburne est connu pour ses crises de canaillerie sur le même principe que les vôtres et de toute votre clique. En 1867, au cours d’une dispute entre nous, il me frappa en plein visage, me laissant à moitié knock-out et l’œil au beurre noir. C’est un homme puissant, faisant quasiment le double de ma taille et il aurait pu me tuer en quelques coups et je suis fier de dire que j’eus le courage de tenter de lui cracher au visage et j’aurais souhaité y parvenir. Une autre fois, à Paris, nous occupions des chambres voisines dans le même hôtel. J’étais déjà couché quand il vint, ivre, me chercher querelle et après quelques échanges de mots, il se jeta sur moi et me martela le visage. Ma chemise de nuit et le lit étaient couverts de sang. Mais enfin, j’eus la bonne fortune d’échapper à son emprise d’ivrogne. Le repoussant, il alla fracasser la vitre de la fenêtre, ce qui eut pour effet de le dégriser un peu. Et vous savez bien que cet héroïque Blackburne a accompli un similaire acte de bravoure sur un jeune homme malade, M. Israël, qui mourut quelques années plus tard, qu’il balança son poing à Gunsberg et vous savez aussi que ce galant Blackburne a frappé de la même manière en public, Mr Walker le secrétaire du City of London Chess Club, le plus agréable petit monsieur que j’ai jamais rencontré et qui a encore une tête et des épaules de plus petite taille que moi. Voilà l’homme courageux que vous voulez glorifier à mes dépens, cet homme qui n’eut jamais le courage, à ma connaissance, de s’attaquer à un homme de sa taille ! »