Doublons

Les temps ont bien changé ! L’on raconte que Bobby Fischer repoussa en son temps l’offre d’un million de dollars pour vanter la marque d’un shampoing pour la raison qu’il ne l’utilisait pas. Nos joueurs modernes ont une attitude plus pragmatique. Magnus Carlsen, qui signa un contrat publicitaire avec la firme de vêtements G-Star, récidive pour la Porshe 911. Porsche met en scène trois grands champions dans des sports de face à face : les Échecs avec Magnus Carlsen, le tennis avec Maria Sharapova, et la boxe avec Mohammed Ali.

Les experts en marketing évoquent la coquette somme de 4 à 5 millions d’euros, ce qui serait le plus gros contrat conclu entre un joueur d’Échecs et une entreprise à ce jour.

Chess, the Kings head is a Dollar Symbol

Capablanca se raconte

Paul Moran disait que les Échecs étaient aussi faciles pour Capablanca que de respirer. Le champion cubain admit lui-même qu’il avait appris ce jeu avant d’apprendre à lire :

« Je n’avais pas encore quatre ans, quand un jour, j’entrai dans le bureau de mon père et le vit joué avec un ami. Jamais auparavant, je n’avais vu une partie d’Échecs et les pièces attirèrent mon attention. Le jour suivant, je revins observer jouer mon père. Le troisième jour, mon père, qui était un débutant, déplaça son Cavalier d’une case blanche à une autre de ma même couleur. Son adversaire, pas meilleur joueur, ne s’en aperçut pas. Mon père gagna la partie et je lui dis qu’il avait triché. C’est tout juste s’il ne me jeta pas hors de la pièce. Je lui fis remarquer ce qu’il avait fait. Mon père me demande ce que je connaissais des Échecs et je lui dis que je pouvais le vaincre. Il me répondit « Cela n’est pas possible, tu ne connais même pas le déplacement des pièces ». Nous jouâmes une partie et je la gagnai. Cela fut mon début ».

capablanca enfant
Capablanca jouant avec son père à 4 ans (1892, La Habana).

Les Échecs étaient pour lui, disait le grand maître Richard Reti, comme sa langue maternelle. Il est considéré comme l’un des plus grands talents naturels de l’histoire du jeu, sinon le plus grand.

Aux ordres du grand joueur

Omar KhayyamNous ne sommes que des pions du jeu d’Échecs, avides d’actions. Aux ordres du grand joueur. Il nous mène de ça, de là, sur l’échiquier de la vie. Et pour finir, nous emprisonne dans la case de la mort. Sur un mode plus léger. Quelle tristesse ! Brutalement déchu du rang de cavalier à celui de pion. Et puis, lassé du jeu du roi et de ses fous. Je mets tour contre tour… et c’est l’échec et mat.

Omar Khayyam