64 cases pour un Génie – Partie 1

« Les Échecs abiment les maîtres, tourmentent leur esprit de telle façon que la liberté intérieure des plus forts doit en souffrir », a écrit Albert Einstein. C’est sur cette citation que s’ouvre ce documentaire passionnant dont les 88 minutes semblent illustrer ce terrible résumé en retraçant l’histoire de Bobby Fischer décrit comme « isolé, étrange, dérangé, génial et arrogant », qui a voulu être champion du monde d’échecs, remporta ce titre prestigieux et se retira des compétitions pendant 20 ans. En 1958, Robert James Bobby Fischer, alors âgé de quatorze ans, stupéfia le monde des Échecs en devenant le plus jeune Grand Maître de l’histoire, lançant ainsi une carrière qui allait faire de lui une légende. Pendant les quinze années qui suivirent, son incroyable ascension au sommet du jeu captiva le monde entier et permit aux Échecs de connaître un essor international considérable. Puis, à l’apogée de sa réussite, Bobby Fischer prit tout le monde par surprise en décidant de disparaître des yeux du grand public.

Été 1972, en plein bourbier vietnamien et irlandais, le Monde a les yeux rivés sur Reykjavik où se déroule « le match du siècle » entre le prodige américain des échecs Bobby Fisher et le Soviétique Boris Spassky, champion du monde en titre. Lorsqu’en 1972 le grand maître américain Robert James Fischer ravit la couronne mondiale au champion russe Boris Spassky, le jeu d’échecs, pour la première fois de son histoire, fait la Une des journaux du monde entier. Pour le grand public, influencé par les mass media, Fischer, représentant de la culture occidentale, a terrassé un symbole fort du bolchevisme. Manichéenne, cette théorie simpliste est intelligemment revisitée par la réalisatrice du film, Liz Garbus, qui a orienté la trame de son œuvre sur la personnalité singulière de Fischer.

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