Guerre et Paix version échiquéenne

OurousofAylmer Maude, le biographe de Tolstoï, rapporte dans The Life of Tolstoy First Fifty Years (Londres, 1908), l’anecdote suivante : « Un soir à Sébastopol, tandis que Tolstoï était assis avec les adjudants du comte Osten-Saken, commandant de la garnison, le prince Ourousof, un brave officier et joueur d’Échecs de premier ordre (il prit part au tournoi international d’Échecs de 1862 à Londres) et ami de Tolstoï, entra dans la pièce, voulant parler au général. Un adjudant l’introduit auprès du Général Osten-Saken et dix minutes plus tard Ourousof sort, l’air très sombre. Après son départ, l’adjudant explique que Ourousof était venu proposer un défi échiquéen aux Anglais dont l’enjeu serait une tranchée, tranchée qui avait changée plusieurs fois de mains et déjà coûté quelques centaines de vies. Osten-Saken avait naturellement refusé ».

urusof

Ourousof fut très populaire parmi les joueurs d’attaque pendant presque 150 ans et il donna son nom à ce gambit survenant après : 1. e4 e5 2. Bc4 Nf6 3. d4 exd4 4. Nf3 Nxe4 5. Qxd4 Nf6. Son gambit fit beaucoup de victimes parmi les meilleurs défenseurs de la fin du XIXe et début du XXe siècle, y compris Steinitz et Lasker.

Et voici une partie de notre Prince pacifiste contre Bihn, Moscou1851 :

Henri Matisse

Henri Matisse
Henri Matisse – Femme à côté d’un échiquier, 1928.

Matisse est fréquemment considéré, aux côtés de Marcel Duchamp et Picasso, comme l’un des trois artistes qui ont contribué à définir l’évolution révolutionnaire dans les arts plastiques durant les premières décennies du XXe siècle. « Il faut regarder toute la vie avec des yeux d’enfants », disait-il. Femme à côté d’un échiquier illustre une des façons d’utiliser le motif échiquéen en peinture : l’alternance des cases noires et blanches fournit à l’artiste un élément décoratif, l’échiquier est alors utilisé comme contrepartie visuelle au jeu des autres couleurs du tableau.