Âmes timides s’abstenir

Wilhelm Steinitz
Wilhelm Steinitz

Les Échecs ne sont pas pour les âmes timides. Ils requièrent un homme entier, qui ne s’arrête pas aveuglément à ce qui a été déjà établi, mais qui tente individuellement de sonder les profondeurs du jeu.

Wilhelm Steinitz

Saurez trouver comment conclu Steinitz contre R. Stein au cours d’une simultanée à New York, le 27 novembre 1884 ?

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1. Qe6+ Kb8 2. Nd7+ Kc8 3. Nxb6+ Kb8 4. Qc8+ ! Rxc8 5. Nd7#. Le classique mat de Lucena.

Pendule

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Philippe Geluck – Le Chat

À l’origine, les parties d’Échecs se déroulaient sans limites de temps. Des joueurs prenaient un temps de réflexion excessif, soit parce que cela était conforme à leur tempérament, soit parce que face à une situation compromise, ils ne se résignaient ni à jouer, ni à abandonner. On raconte que Paul Morphy opposé à Louis Paulsen en 1858 fondit en larmes, exaspéré par le temps que prenait son adversaire.

Les Échecs furent le premier jeu dans lequel le recours systématique à la pendule s’est imposé à tous les niveaux de la compétition. Une première tentative consista à utiliser des sabliers, mais le décompte de temps se faisait pour chaque coup séparément. La pendule apparut lors du deuxième tournoi international de Londres en 1862, formule qui fut confirmée lors du match Adolf Anderssen contre Wilhelm Steinitz en 1866, puis lors du tournoi de Paris en 1876. C’est en 1894, au tournoi de Leipzig, que fut adoptée la double pendule avec couplage mécanique. Mais pendant longtemps, les joueurs hésitèrent à exiger une victoire en raison du temps seul.

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Fattorini & Fils « Tumbling » clock vers 1890