Deep Blue 1915

Le premier robot échiquéen à 100 ans !

Leonardo Torres QuevedoLeonardo Torres Quevedo (1852-1936), ingénieur espagnol crée la première machine capable de donner un échec et mat à quiconque voulant l’affronter. Seul, Le Turc, construit par Wolfgang von Kempelen en 1769 avait réalisé une prouesse similaire, cet automate exhibé dans le monde entier et qui mit notre Napoléon en déroute. Mais le Joueur d’Échecs de Quevedo ne cachait, lui, dans sa mécanique nul nain roublard et expert au Jeu des Rois. Que de bons et francs rouages. Torres fut le premier à utiliser des relais électromécaniques pour implémenter les fonctions arithmétiques d’une machine à calculer.

La machine était capable d’effectuer sur l’échiquier des mouvements réfléchis. Munie de capteurs, elle détectait la position, l’automate effectuait alors une série de calcul pour donner l’échec et déplaçait les pièces par un système d’électro-aimants. Le mat obtenu, un phonographe se déclenchait pour donner, Fritz avant l’heure, le coup de grâce de l’« échec et mat ! ». Il faut dire, cependant, qu’elle ne pouvait jouer que des finales pas toujours très précises K + R contre le K d’un adversaire humain, la mise à mort du monarque adverse n’empruntait pas toujours le chemin le plus court et le plus élégant et parfois l’automate n’arrivait pas au mat. Ce fut, tout de même, le premier robot d’échecs de l’histoire.

Conçue en 1912, exposé à la Foire de Paris de 1914, il provoqua une énorme surprise et bénéficia d’un vaste article dans le Scientific American intitulé Torres and His Remarkable Automatic Device (Torres et son extraordinaire dispositif automatique). Quévedo voulait ainsi prouver qu’une machine était capable d’effectuer des tâches « pensées ».

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