Joueuse

Dans un petit village de Corse, la vie d’Hélène, effacée et discrète, est faite de jours qui s’enchaînent et se ressemblent… Hélène est une femme de chambre sans histoires qui vit une existence rangée aux côtés de son mari, Ange, et de sa fille, Lisa. Tout bascule le jour où, faisant le ménage d’une des chambres de l’hôtel, elle surprend, fascinée, un jeune couple d’Américains très séduisants qui joue aux Échecs sur une des terrasses. Intriguée par le jeu tendu qui se déroule sous ses yeux, elle décide d’en apprendre les règles. Monsieur Kröger, un habitant du village, devient son mentor et ami. Mais cette métamorphose positive vers une nouvelle liberté pour Hélène, ne se fera pas sans modifier profondément, ses relations avec sa famille, ses amis et les habitants de village. Hélène se prend d’une telle passion pour les Échecs qu’elle se heurte à l’incompréhension de son entourage, met en danger son couple et risque sa réputation. Monsieur Kröger la convainc de participer à un tournoi…

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Sandrine Bonnaire dans le film Joueuse de Sandrine Botaro, 2009.

« Évidemment, écrit Télérama, on souhaiterait, dans la mise en scène, un peu de la fièvre qui s’empare de l’héroïne. Mais non : les jeunes cinéastes actuels (y sont-ils forcés, ou est-ce inscrit dans leurs gènes ?) ont la prudence dans le sang. Si l’on excepte, donc, quelques idées – pas très heureuses, au demeurant (le carrelage de la véranda de l’hôtel qui se transforme en un échiquier géant !), c’est avec tenue et retenue que Caroline Bottaro dirige son premier long métrage. Elle a, en revanche, la qualité précieuse d’aimer ceux qu’elle observe et de nous les rendre tous aimables. Si la passion d’Hélène embellit sa vie, elle modifie, aussi, son entourage, qui semble contaminé par sa grâce soudaine et son euphorie : un instant tentés par la bassesse, son mari, sa fille se ressaisissent et progressent, eux aussi. À sa façon, Caroline Bottaro est une humaniste. Et puis il y a Sandrine Bonnaire, dont on ne se lasse pas d’admirer l’éclat fragile, l’ardeur tenace. Face à elle, Kevin Kline, génial cabotin parfois, qui ici ne fait rien. Rien de rien. Mais superbement… Les voir tous deux se mesurer, s’apprivoiser peu à peu suffit à notre plaisir ».

Le jeu d’Échecs se conçoit ici comme une métaphore à la fois d’un amour platonique et d’une élévation spirituelle. Un film magnifiquement servi par la prestation des deux acteurs principaux, Sandrine Bonnaire et Kevin Kline, dont c’est ici le premier film en français.

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