Pourquoi les femmes ne jouent-elles pas aux Échecs ?

Des causes psychologiques ?

Les femmes n’auraient pas la même motivation que les hommes à la victoire. Plus dilettantes, les Échecs restent pour elles qu’un jeu et elles seront moins enclines aux efforts nécessaires pour le gain. Signe de faiblesse ou d’intelligence pour nous autres, les mâles, prêts à tout pour l’emporter, et qui jouons presque notre vie sur ces soixante-quatre cases ? À méditer…

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Les psychanalystes y allèrent également de leurs explications. Reuben Fine, joueur d’Échecs et psychanalyste, écrivait : « Les rôles respectifs de la victoire et de la défaite aident à comprendre pourquoi les échecs sont si peu joués par les femmes. Pour la femme, l’ennemi est habituellement une autre femme, qu’elle désire vaincre pour obtenir un homme. Une victoire sur un adversaire masculin n’a pas d’intérêt pour elle, puisqu’elle l’isole des hommes au lieu de lui gagner leur amour. Et la victoire sur une femme ne l’aide en rien à se rapprocher d’un homme ».

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Les psychanalystes ont vu rapidement une correspondance entre le psychisme humain et les Échecs. Déjà Lasker au début du XXe siècle, alors champion du Monde, remarquait qu’ils étaient « une sorte de sublimation du besoin de victoire, réprimé et rationalisé dans la civilisation technique ». Le but du jeu est la mise à mort de la figure centrale, le Roi adverse. Rois et Reines, où qu’apparaissent ces figures (rêves, mythes ou contes de fées), renvoient aux images parentales. De part et d’autre, deux forces sont en présence : les blancs et les noirs. Les sentiments négatifs envers le père sont projetés sur le roi adverse et les sentiments positifs sur son propre roi, objet principal de défense. Avec le pion-enfant avançant lentement vers la promotion de l’âge adulte, l’échiquier est le théâtre idéal pour que se joue à l’infini la symbolique oedipienne, « une mise en scène œdipienne classique, écrivent Jacques Dextreit et Norbert Engel ; l’Œdipe féminin, qui associe amour pour le père et désir de mort de la mère, ne trouve donc aucune possibilité de se projeter ». Seul un retournement de l’Œdipe serait une motivation inconsciente incitant les femmes à jouer aux Échecs. « Aimerait les Échecs, poursuivent-ils, la femme qui aurait inversé la structure œdipienne classique et qui chercherait l’aide de la mère pour mieux abattre le père ».