Les Échecs rendent heureux !

siegbert tarrasch
Siegbert Tarrasch

J’ai toujours senti une vague pitié pour l’homme qui ne connaît rien aux Échecs, tout comme j’en avais pour un homme ignorant de l’amour. Les Échecs, comme la musique ou comme l’amour ont le pouvoir de rendre heureux.

Siegbert Tarrasch

Tarrasch possédait un éminent talent tactique, bien qu’il décida de quitter le chemin romantique plus fleuri pour la voie positionnelle plus aride, mais plus courte indiquée par Steinitz. C’était un homme têtu avec une grande confiance en ses capacités, qualité pour un joueur d’Échecs, mais qui précipita sa chute, le rendant incapable d’absorber les idées nouvelles et positives des jeunes joueurs modernes comme Rubinstein, Reti, Nimzowitsch, Euwe et Tartakower qui, là où les classiques considéraient l’occupation du centre comme une nécessité, prônaient un contrôle à distance de ce dernier.

Une anecdote pour illustrer son ego surdimensionné : en 1894, Tarrasch dispute un match sans pendule contre Carl Walbrodt, les adversaires pouvant réfléchir aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Tarrasch écrivit « Jamais on ne vit un jeu si parfait que le mien ! » Toujours en confrontation, fréquemment de mauvaise humeur, il possédait un caractère de chien, entretenant souvent avec ses rivaux de mauvaises relations. Il détestait perdre et ses réactions frisaient parfois le grotesque. Pour justifier sa défaite contre Lasker dans le Championnat du Monde en 1908, il évoqua l’inconfort du climat maritime de Düsseldorf… cité située à plus de 200 kilomètres de la côte !

Personnage peu sympathique ? Il n’était sans doute pas dupe de ses caprices de diva puisqu’il écrivait :  « J’ai eu un mal de dents pendant ma première partie. Dans la seconde, j’ai eu mal à la tête. Dans la troisième, j’ai eu une crise de rhumatisme. Dans la quatrième, je ne me sentais pas bien. Et pour la cinquième ? Eh bien, est-ce que l’on doit gagner toutes les parties ? » Personnalité riche et attachante comme beaucoup de nos grands joueurs de cette époque.

Dans cette partie en concertation jouée à Naples en 1914, les Blancs semblent tenir, du moins contre une catastrophe immédiate, la Q noire empêche Qb7 suivit de Kxa5 et Ra1#. Mais…

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