Attaquez à l’aile ? Réagissez au centre !

Boris Becker

Je trouve que les échecs sont un jeu très similaire au tennis. Le facteur commun est la géométrie. Les échecs et le tennis ont en commun un mécanisme clé, qui est d’imposer une pression sur un endroit spécifique du terrain. Aux échecs, pour s’en sortir quand vous êtes attaqué sur un coin particulier, vous devez riposter sur d’autres lignes, colonnes et diagonales. C’est la même chose au tennis.

Boris Becker, joueur de tennis et occasionnellement d’Échecs

« Il y a une chose que peu de gens connaissent, mon amour du jeu d’échec. Cela a commencé quand j’étais ado et m’a toujours aidé dans le tennis comme stimulation mentale. Comme dans le tennis, la stratégie est très importante. C’est une situation de face-à-face et conserver un coup d’avance sur l’adversaire est très important. J’avais l’habitude de préparer mes matches en jouant aux échecs et cela m’aidait à garder l’esprit concentré et motivé avant d’entrer sur le court. C’était principalement un échauffement mental. Or, le mental, est une composante importante de tout succès au tennis. Des joueurs actuels, Roger Federer serait le meilleur à ce jeu. Il pense toujours dans le bon sens, garde un coup d’avance et reste concentré sur la stratégie et la tactique. Rafael Nadal, excellent stratège, serait bon également. Il reste très concentré sur le court. Mais Federer serait meilleur ». Humm ! En regard de sa partir contre Nigel Short,  je crois que Boris n’utilisait pas uniquement le Jeu des Rois comme préparation !

Petit cours de neurophysiologie échiqueene

« Dans les races les plus intelligentes, comme les Parisiens, il y a une notable proportion de la population féminine dont les crânes se rapprochent plus par le volume de ceux des gorilles que des crânes du sexe masculin les plus développés », écrit en 1879 Gustave Le Bon, éminent médecin, anthropologue et sociologue. « Tous les psychologistes qui ont étudié l’intelligence des femmes ailleurs que chez les romanciers et chez les poètes, poursuit le savant, reconnaissent aujourd’hui qu’elles représentent les formes les plus inférieures de l’évolution humaine et sont beaucoup plus près des enfants et des sauvages que de l’homme adulte civilisé ». Un siècle et demi plus tard, si de tels propos racistes et misogynes subsistent malheureusement, les avis divergent toujours aussi sur cette question : l’homme et la femme ont-ils oui ou non le même cerveau ? Existe-t-il un déterminisme biologique des différences d’aptitudes entre les sexes ?

C’est peut-être l’éternelle question de l’intrication permanente entre nature et culture et n’oublions jamais « qu’il est dans la nature de l’Homme , écrivait le biologiste Jean Rostang, de lutter contre la Nature» et que cette question est particulièrement propice à des dérives idéologiques par des interprétations erronées des données scientifiques.

neurophysiologie échiqueene

Avant tout, les femmes ont-elles le cerveau plus petit que celui des hommes ? Curieusement, et n’en déplaise à Auguste Le Bon, on ne connaît pas la réponse à cette question ! Les études sont souvent contradictoires. Et si les femmes, généralement plus petites, ont par nature un cerveau plus réduit, le nombre total de neurones est indépendant de la taille. Malgré tout, une étude américaine dénombre en moyenne 16 % de neurones en plus chez les hommes, sans que pour autant cela se fasse ressentir sur les capacités cognitives. Peut-être simplement, pour les hommes et les femmes, deux manières différentes et complémentaires d’être intelligent. Il est d’ailleurs bien connu que ce n’est pas la taille qui compte, mais la manière de s’en servir.

Aujourd’hui, les neurobiologistes sont d’accord pour considérer que, sous l’influence directe des hormones sexuelles, le cerveau gauche est plus développé chez la femme et le cerveau droit chez l’homme. Avec notre cerveau gauche, nous raisonnons de manière séquentielle, analytique, point par point. Il fonctionne de préférence à partir du détail, il s’en sert pour aller vers la complexité. Le droit, lui, voit les choses globalement. C’est l’hémisphère droit qui gère, avec son approche globale, la nouveauté et tous les apprentissages, le gauche servant au stockage et à l’organisation plus précise et systématique de nos savoirs.

Les chercheurs expliquent ces différences par la sélection naturelle tout au long de plus d’un million d’années de l’évolution de l’espèce humaine. L’homme s’est adapté à la chasse et à la guerre sur de grands espaces, impliquant une poursuite silencieuse, puis le gibier tué, le retour vers la grotte. L’homme est donc mieux orienté dans l’espace et peut même s’orienter dans une direction abstraite (trouver un raccourci pour rentrer au campement). Il sera porté vers l’action et la compétition et moins vers la communication verbale. La femme pendant ce temps se serait adaptée aux tâches d’éducations des enfants et du maintien du camp dans le cadre plus restreint de la caverne, développant le partage verbal et la coopération. La femme serait moins émotive, mais elle s’exprimerait davantage et l’homme, plus émotif, mais n’extériorisant pas ses émotions.

Au niveau des organes des sens, la femme est globalement beaucoup plus sensible, particulièrement l’ouïe, le sens du toucher et l’olfaction. Par contre chez l’homme, sans doute pour les mêmes raisons d’adaptation à la chasse, sa vue est plus aiguë.

En identifiant les régions du cerveau mobilisées lors d’une partie d’Échecs, les chercheurs semblent dès à présent certains que la qualité du joueur allie aptitude spatiale et raisonnement analogique. Une étude américaine publiée en 2003 utilisant l’IRM (imagerie par résonance magnétique) révèle que des joueurs débutants devant déterminer mentalement le meilleur coup n’activent pas les aires du raisonnement et de la logique (partie latérale du lobe frontal), mais les lobes pariétaux, sièges des compétences spatiales. Les Échecs nécessiteraient avant tout des compétences spatiales, repérages des pièces, anticipation de leurs déplacements, positionnement de l’attention au bon endroit sur l’échiquier, identification de la pièce essentielle pour le prochain coup. Dans notre jeu, la vision jouera un rôle prépondérant. Le joueur perçoit des analogies visuelles. Le raisonnement par analogie consiste à traiter une situation nouvelle en référence à une situation ancienne. Plus simplement, le bon joueur ne raisonne pas, ou peu, ce qui lui fait gagner du temps, il s’appuie sur des situations de jeu qu’il a déjà analysées.

neurophysiologie échiqueene

Il semblerait donc que Garry avec sa logique du combattant ne soit pas si loin de la vérité. En tout cas, l’idée que nos ancêtres aient développé nos compétences échiquéennes en courant, brutes silencieuses, aux derrières des gazelles me plaît bien, si du moins, elle peut rendre plus modeste les quelques prétentiards que l’on peut parfois rencontrer devant l’échiquier.