L’Affaire Thomas Crown

Thomas CrownL’Affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair) est un film américain réalisé et produit par Norman Jewison, sorti en 1968. Les rôles principaux sont Steve McQueen et Faye Dunaway. Le film reçut deux nominations aux Oscars et gagne celui de la meilleure bande originale avec la chanson de Michel Legrand The Windmills of Your Mind. Thomas Crown, riche et séduisant homme d’affaires, organise le braquage d’une banque pour tromper l’ennui et satisfaire son goût du risque. Afin de ressentir à nouveau le frisson de l’aventure, il prépare minutieusement, avec neuf complices, un fabuleux hold-up, qui laissera la police perplexe. Sa propre banque lui paraît être le meilleur endroit pour ses exploits. Le coup réussit à la perfection.

Tandis que l’enquête menée par le commissaire Malone piétine, Thomas s’en va cacher son butin en Suisse. Il découvre alors que la compagnie d’assurances de sa banque lui a dépêché une redoutable enquêtrice, la ravissante et sagace Vicky Anderson. Vickie se rapproche de Crown pour les besoins de son enquête. Le milliardaire, qui se croyait hors de danger, est inquiété par les soupçons de la jeune femme. Un jeu du chat et de la souris commence alors entre eux, mêlant séduction et intimidation. Un film superficiel, mais très divertissant.

Affaire Thomas Crown

Norman Jewison, à l’instar d’Alfred Hitchcock, met sur le même plan suspense policier et suspense érotique. Ainsi, la célèbre partie d’échecs entre McQueen et Dunaway reste un grand moment : « Je me suis mis à filmer cette partie d’Échecs comme une partie de jambes en l’air », dit le réalisateur, renouant peut-être sans sans douter avec une tradition vieille de plusieurs siècles. Depuis le Moyen Âge, le jeu d’Échecs est aussi un théâtre amoureux où tester les pouvoirs réciproques des deux sexes et les capacités de séduction d’autrui. Peu de temps après que la Reine apporta sa présence féminine sur l’échiquier, le jeu fut considéré comme le lieu de conquêtes romantiques autant que militaires, où le combat des joueurs était une métaphore à peine voilée de l’affrontement des amants lors de la conquête amoureuse.

Jouer le jeu, c’est le fruit du génie

Savoir la marche est chose très unie ;
Jouer le jeu, c’est le fruit du génie.

Jean-Baptiste Rousseau

Jean-Baptiste RousseauJean-Baptiste Rousseau (1671-1741), à ne pas confondre avec notre philosophe Jean-Jacques, fils d’un honnête cordonnier de Paris, écrit sur les échecs dans son Épître à Marot :

Le jeu d’échecs ressemble au jeu des vers :
Savoir la marche est chose très unie :
Jouer le jeu, c’est le fruit du génie :
Je dis le fruit du génie achevé
Par longue étude et travail cultivé
Donc si Phébus ses échecs vous adjuge,
Pour bien juger, consultez de bons juges ;
Pour bien jouer, hantez de bons joueurs…