Le jeu d’Échecs et le femmes

« La très faible proportion des femmes au sein des joueurs de compétition est un des aspects les plus particuliers du milieu des Échecs, en France comme à l’étranger », écrit le sociologue Jacques Bernard dans son livre Socio-anthropologie des joueurs d’Échecs. Une seule femme dans le top 100 des meilleurs joueurs mondiaux, le GMI hongrois Judit Polgar à la 58e place. « Parmi les deux cent cinquante meilleurs joueurs du monde, poursuit Jacques Bernard, on ne compte qu’une seule femme… En France, au sein des trois cents meilleurs joueurs, on ne recense que quatre femmes, dont deux seulement se considèrent comme professionnelles. La moyenne elo des dix meilleures joueuses françaises est de plus de trois cents points inférieurs à celle de leurs homologues masculins¹. »

jeu échecs femmes

Que les femmes ne puissent pas lutter avec la gent masculine dans les disciplines ne faisant appel qu’à la force brute, voici une chose entendue, mais il semblerait naturel qu’aux Échecs, sport cérébral par excellence, ces dames puissent sans difficulté nous rivaliser. Il semblerait qu’il n’en est pas ainsi. Chacun y est allé de sa petite explication de la plus scientifique à la plus misogyne. La palme peut-être à notre génial frappadingue Bobby Fischer, qui refusa de participer à un tournoi où était inscrite la championne américaine Lisa Lane et qui déclara : « Les femmes sont stupides comparées aux hommes ; elles ne savent pas jouer aux Échecs, savez-vous, elles ont le niveau d’un débutant, elles perdent toutes les parties qu’elles disputent contre des hommes. Il n’y a pas une femme au monde à qui je ne puisse donner l’avantage d’un Cavalier et gagner malgré tout ». À quoi le malicieux Michail Tal répondit : « Fischer est Fischer, une femme est une femme… mais un Cavalier et un Cavalier ! »

Et plus proche de nous Garry Kasparov pour qui il existe « deux sortes d’Échecs, les vrais et les Échecs pour femmes. « Désolé. Une femme ne peut rien faire contre la détermination d’un homme.  C’est une simple question de logique. C’est la logique d’un combattant professionnel. Or les femmes ne sont pas de bons combattants. Il y a aussi l’aspect créatif dans les Échecs. Il faut sans cesse créer de nouvelles idées. Les Échecs sont un mélange de sport, d’art et de science. Or on peut constater la supériorité des hommes dans tous ces domaines. L’explication réside sans doute dans les gènes. »

Il va sans dire, afin d’éviter en représailles tout écharpage, griffade et mutilations diverses tout à fait déplaisantes, que ces opinions n’engagent évidemment que leurs auteurs !

¹ Jacques Bernard, Socio-anthropologie des joueurs d’Échecs (Paris, L’Harmattan, 2005).

Combat amoureux

David Bronstein
David Bronstein à l’Interzonal de Portoroz en 1958.

Gérald Grand, président du club de Sion en Suisse, demande à David Bronstein quelle est la différence entre les Échecs avec confrontation directe et les Échecs par correspondance :

Est-ce que vous faites l’amour par correspondance !

Le mot d’esprit de Bronstein aurait enchanté papa Sigmund : pour la psychanalyse, tout combat symbolisera une lutte amoureuse.