Pourquoi les femmes ne jouent-elles pas aux Échecs ?

échecs femmes

Suite à la série de posts sur les Échecs au féminin, je souhaiterais aborder ce nouveau sujet. Question bien dangereuse ! Un ami qui préfère rester anonyme me confia un jour son explication : « Les femmes ne peuvent pas jouer aux Échecs, elles sont incapables de rester silencieuses pendant deux heures de temps ! » Explication gentiment sexiste qui en vaut une autre, en-tout-cas la moins pire dans ce style que j’ai pu découvrir en préparant ces articles. Dans son livre Et le fou devint roi, Gary Kasparov écrit : « Botvinnik croit que les femmes joueront toujours moins bien que les hommes pour des raisons physiologiques, le système nerveux d’une femme étant conçu pour servir sa fonction de mère, diminuant ainsi ses aptitudes naturelles à prendre des décisions. Sujet délicat, s’empresse d’ajouter Garry sentant qu’il s’engage en terrain miné, bien sûr, surtout à l’époque de la libération des femmes ».

Botvinnik a-t-il raison ? Il est vrai que si les femmes sont brillantes dans des domaines où la dimension humaine est essentielle comme la médecine ou la littérature, elles semblent moins nombreuses à réussir dans la pensée abstraite, comme la musique, les mathématiques ou les Échecs. Ou l’explication est-elle à chercher dans un simple fait de société ? Délicat, donc de traiter un tel thème. Faut-il rester dans un féminisme de bon ton ou envisager les différentes thèses au risque de se voir taxer de vieux barbons sexistes.

Distraction échiquéenne

AlekhineGeorgy Rimsky-Korsakov (camarade de classe d’Alekhine et fils du célèbre compositeur russe) raconte : « Alekhine était tellement absorbé par les Échecs que durant les classes, il pouvait se déconnecter complètement et ne plus savoir où il se trouvait. Je me souviens de notre classe d’algèbre. Tous les garçons étaient calmes… Soudain Alekhine se leva avec enthousiasme, le visage radieux, les yeux brillants et écartant une mèche d’un geste qui lui était familier…

Eh bien ! Alekhine, avez-vous résolu le problème ? lui demande le professeur Bachinsky.
Oui ! Je sacrifie le Cavalier et je joue le Fou… Et les Blancs gagnent ! La classe, comme vous pouvez l’imaginer, éclata de rire ».

Joueuse

joueuse-bonnaire
Sandrine Bonnaire dans une scène de Joueuse.

Je suis fascinée par ce jeu que j’aime beaucoup. On lui colle souvent une image élitiste qui, à mon avis, ne correspond pas à la réalité. Les quelques contacts que j’ai eu avec le monde des Échecs m’ont révélé que c’était un moyen formidable pour développer la convivialité.

Sandrine Bonnaire