La mort de Capablanca

José Raúl Capablanca y Graupera mourut le 8 mars 1942 à Harlem, New York, sans doute d’un accident vasculaire cérébral. Voici le courrier (fac-similé et traduction) de son médecin à la demande de renseignements de sa seconde épouse.

José Raúl Capablanca

6 novembre 1942

Chère Madame Capablanca,

Répondant à votre demande d’information au sujet de la maladie, du traitement et de la mort de votre défunt mari, José Raúl Capablanca , je vous informe comme suit :

Mes soins auprès de M. Capablanca débutèrent à mon cabinet vers le 19 novembre 1940. L’examen révéla une pression artérielle particulièrement élevée (18/20). À la fin de décembre 1940, je réussis à faire baisser sa tension à 13/18. Un tel résultat fut obtenu par une diète appropriée que je lui avais prescrite et par un traitement appelé rayonnement Grenz¹.

Le dit traitement fut administré durant les années 1940, 1941 et 1942. À la fin de 1941, et particulièrement au commencement de l’année 42, sa pression artérielle grimpa à un point très dangereux (16/24). Je l’enjoignis ferment de cesser tout effort inutile, de partir pour la campagne et de tenter de mener une vie absolument tranquille. Je l’informai également de rester allongé quotidiennement et de se relaxer le plus possible, physiquement et mentalement. Je l’avertis également que s’il n’observait pas de telles prescriptions, il mettrait gravement sa vie en danger.

À mon regret, M. Capablanca répondit que pour le moment, il lui était impossible d’obéir, car il avait de terribles problèmes avec son ancienne femme et ses enfants ; qu’elle avait lancé une procédure contre lui et qu’il devait se battre contre ses demandes irraisonnables et que, par conséquent, sa santé se détériorait quotidiennement, sinon à chaque heure.

Nous eûmes cette conversation vers le 6 mars 1942. Il mourut deux jours plus tard, et à mon avis, la mort résulta de l’aggravation de sa maladie.

Très sincèrement votre,

A. Schwartzer

¹ Rayons X de faible énergie.

mort Capablanca

Ennemi public

Bruce PandolfiniNous ne savons pas exactement comment le jeu a été inventé, quoiqu’il y ait des soupçons. Aussitôt que nous découvrirons les criminels, nous vous en ferons part.

Bruce Pandolfini

La plaisanterie de Pandolfini reflète bien la relation ambivalente qu’entretient le joueur avec ce jeu : pleine de passion et de haine mêlées. Sir Henry Campbell-Bannerman aurait ajouté : « Les Échecs ne sont pas un jeu, mais une maladie ».