Stefan Zweig : Enfermement échiquéen

Stefan Zweig, Le Joueur d'échecsComment concevoir la vie d’une intelligence tout entière réduite à cet étroit parcours, uniquement occupée à faire avancer et reculer trente-deux pièces sur des carreaux noirs et blancs, engageant dans ce va-et-vient toute la gloire de sa vie ! Comment s’imaginer un homme doué d’intelligence, qui puisse, sans devenir fou, et pendant dix, vingt, trente, quarante ans, tendre de toute la force de sa pensée vers ce but ridicule : acculer un roi de bois dans l’angle d’une planchette !

Stefan Zweig, Le Joueur d’échecs

Dans sa nouvelle, Zweig évoque l’enfermement : pour l’un de ces personnages, il s’agit d’un enfermement mental représenté par cette monomanie du joueur d’échecs passionné jusqu’à la folie. Pour l’autre, d’une privation réelle de liberté, d’un néant vertigineux, qui le mènera lui aussi dans un emprisonnement psychique et le conduira vers la même monomanie.

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